Olivier_Jouvray



1. Quel est votre parcours professionnel ?

 

Un peu tortueux  : j'ai quitté la fac avec une licence d'études cinématographiques et audiovisuelles. J'avais le projet de devenir photographe. Après un passage à la fac de sociologie, j'ai bossé deux ans dans l'équipe d'organisation d'un raid touristique en Scandinavie, puis deux ans comme graphiste en entreprise avant de démarrer une carrière de web-designer indépendant. En 2002, j'ai rencontré le milieu de la BD par l'intermédiaire de mon dessinateur de frère, et décidé de tenter une carrière de scénariste. J'ai pu complètement abandonner mes activités de graphiste en intégrant l'école Emile Cohl comme professeur de bande dessinée quatre jours par mois.



2. Comment ce projet s'est-il présenté à vous? Qu'est-ce qui vous a séduit chez lui ?

 

C'est une proposition de Mélanie Turpyn, directrice de la collection. Comme le livre ne correspondait pas à un genre que je connaissais particulièrement bien, j'ai eu envie de m'y frotter. En plus, on m'a laissé le choix du dessinateur !  La collaboration avec David Ratte et Myriam Lavialle est un vrai bonheur.



3. Est-ce que vous connaissiez déjà le roman originel ?

 

Absolument pas ! De plus, mon activité de scénariste et mes autres occupations ne me laissent que peu de temps pour découvrir des romans. Le fait d'en adapter de temps en temps me permet de découvrir des œuvres que je n'aurais pas forcément lu spontanément.



4. Comment travaille-t-on lorsqu'il s'agit d'adapter une oeuvre en BD?

 

C'est une lecture particulière. Je lis chaque chapitre avec un bloc notes dans les mains. En même temps que je lis, je fais un résumé, je prends des notes, je référence des passages particuliers. Ensuite, je laisse le bouquin de coté pour écrire un synopsis détaillé en faisant des choix sur les séquences et les personnages à garder, ceux que j'élimine, ceux que je modifie etc. Quand j'attaque l'écriture du scénario, je garde le bouquin à mes cotés et j'y retourne quand c'est nécessaire.



5. Qu'est-ce qui a été le plus difficile dans ce projet?

 

C'est un univers foisonnant, extrêmement riche, impossible à résumer dans toute sa diversité sur trois tomes de 46 pages, et il a fallu faire des choix parfois difficiles.



6. Avez-vous des anecdotes à nous faire partager sur cette série?

 

Au tout début de cette aventure, je suis parti quelques jours aux Comores pour accompagner une équipe de scientifiques sur un volcan. C'atait pour une émission de la chaîne Arte. J'avais emporté avec moi mon carnet avec toutes mes notes de lecture à l'intérieur et j'ai égaré mon carnet sur cette ile à l'autre bout du monde ! Heureusement, une des scientifiques a mis la main dessus quelques jours plus tard et a pu me l'envoyer. Une jolie frayeur. Non seulement je ne me voyais pas recommencer la lecture du roman mais j'avais aussi d'autres notes sur d'autres projets à venir.



7. Que ressentez-vous quand un de vos albums sort?

 

Quelques mois avant la sortie, beaucoup d'impatience, au moment de la sortie, beaucoup d'excitation, et après la sortie de nouveau de l'impatience parce qu'il faut attendre quelques jours et souvent plusieurs semaines avant de savoir quelle est la réaction du public. C'est toujours une drôle d'expérience.



8. Enfin, quels sont vos projets futurs?

 

Actuellement je travaille sur trois projets : un polar d'anticipation avec Fredérik Salsedo, un livre de recettes de cuisine en BD et un spectacle mixant BD et opéra. J'attends aussi la sortie d'un One Shot au Lombard le 4 juin qui s'appelle "Nous ne serons jamais des héros", réalisé avec les frères Salsedo, qui parle du tour du monde entre un père et son fils. Et pour plus tard, chez Soleil, je vais me lancer dans l'adaptatation de Moby Dick avec Pierre Alary.